Peut-on déduire ses indemnités kilométriques en micro-entreprise ?
Non, et c’est souvent une bonne nouvelle. Vos kilomètres sont déjà « payés » par l’abattement forfaitaire, sans justificatif à fournir. Avec 40 000 € de recettes en libéral, il vous fait déduire 13 600 €. Pour faire mieux au réel, il faudrait rouler beaucoup, ou avoir beaucoup d’autres charges.
L’administration ne laisse aucune place au doute : l’abattement est « représentatif des charges professionnelles (frais de déplacement, cotisations sociales…) ». Ajouter vos kilomètres par-dessus, ce serait les compter deux fois. Reste une vraie question : le forfait couvre-t-il bien vos trajets ? C’est ce que nous allons vérifier.
Que couvre l’abattement forfaitaire ?
En micro, vous ne déclarez pas un bénéfice, mais votre chiffre d’affaires. L’administration en retire elle-même un pourcentage censé représenter tous vos frais : la voiture, le téléphone, le matériel, et même vos cotisations sociales.
- 34 % de vos recettes si vous exercez une activité libérale (BNC), selon l’article 102 ter du Code général des impôts.
- 50 % de votre chiffre d’affaires pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC), et 71 % pour la vente de marchandises, selon l’article 50-0.
- 305 € au minimum, quel que soit votre chiffre d’affaires.
- Vos cotisations Urssaf, elles, sont calculées sur le chiffre d’affaires brut, sans aucune déduction : 25,6 % en 2026 pour la plupart des libéraux. Rouler beaucoup ne les fait pas baisser d’un centime.
Le régime micro a ses limites. En 2026, il s’applique jusqu’à 83 600 € de recettes pour les services et 203 100 € pour la vente.
À partir de combien de km le régime réel devient-il intéressant ?
Faisons un calcul simple : vos kilomètres sont votre seule charge, et vous roulez dans une voiture thermique de 5 CV. Voici la distance professionnelle à partir de laquelle le barème kilométrique dépasse l’abattement de 34 % :
| Recettes annuelles (libéral) | Abattement de 34 % | Le barème fait mieux à partir de |
|---|---|---|
| 20 000 € | 6 800 € | 15 150 km par an |
| 30 000 € | 10 200 € | 23 890 km par an |
| 40 000 € | 13 600 € | 31 860 km par an |
| 60 000 € | 20 400 € | 47 780 km par an |
| 80 000 € | 27 200 € | 63 710 km par an |
À première vue, l’abattement gagne presque toujours. Mais ce tableau est volontairement sévère, car au réel vos kilomètres ne viennent jamais seuls.
- Vos cotisations sociales deviennent déductibles. En micro, l’abattement est censé les couvrir. Au réel, elles s’ajoutent à vos charges, et c’est souvent elles qui font basculer le calcul.
- Vos autres frais comptent aussi : local, matériel, logiciel, assurance professionnelle, péages, parking.
- Une voiture électrique fait monter le barème de 20 % : 15 000 km en 5 CV donnent 8 094 € au lieu de 6 750 €.
Le bon réflexe : additionnez toutes vos charges réelles, kilomètres compris, et comparez le total à votre abattement. Notre simulateur vous donne la valeur de vos kilomètres en deux minutes. Pour le reste, un expert-comptable ou une association de gestion agréée tranchera votre cas.
Comment passer au réel pour déduire ses kilomètres ?
Quitter la micro n’a rien d’irréversible : l’option vaut un an, puis se reconduit d’elle-même tant que vous ne la dénoncez pas. Le chemin diffère selon votre activité.
Vous êtes en libéral (BNC) : la déclaration contrôlée
- Optez en déposant votre déclaration 2035. Pour vos recettes 2026, vous avez jusqu’au 20 mai 2027.
- Choisissez le barème kilométrique dès le 1er janvier, pour l’année entière et pour tous vos véhicules. Concrètement, vous n’inscrivez aucune dépense de voiture dans vos charges, et vous cochez la case prévue en ligne 23.
- Indiquez vos kilomètres au cadre 7 de l’annexe 2035-B, véhicule par véhicule.
- Ajoutez à part vos frais de garage et de parking justifiés, ainsi que vos péages.
Vous êtes commerçant ou artisan (BIC) : le réel simplifié
- Vos frais de voiture se déduisent pour leur coût réel, au prorata de l’usage professionnel : carburant, entretien, assurance, amortissement.
- Le barème kilométrique ne vous est pas ouvert. Seul le carburant peut être évalué avec un barème forfaitaire, et seulement en comptabilité super-simplifiée.
Ce que vous laissez derrière vous
- Le régime micro-social : vos cotisations seront calculées sur votre bénéfice, et non plus sur votre chiffre d’affaires.
- Le versement libératoire, si vous l’aviez choisi.
- La simplicité : il faudra tenir une comptabilité, et pouvoir prouver chaque kilomètre.
Vous êtes aussi salarié ?
Votre micro-entreprise ne change rien à votre emploi salarié. Les trajets que vous faites pour celui-ci se déduisent de vos salaires, aux frais réels, si vous y avez intérêt. Les deux mondes ne se mélangent pas : un même trajet ne se compte qu’une fois, d’un côté ou de l’autre.
Vous avez oublié de le faire cette année ? Il n’est pas trop tard : corrigez votre déclaration 2026 avant le 30 novembre.
Comment IndiK peut vous aider ?
Au réel, le barème ne vous dispense pas de « justifier du kilométrage parcouru ». Et en micro, connaître vos kilomètres reste le seul moyen de savoir si vous devriez en sortir. Dans les deux cas, il faut un relevé fiable. IndiK le tient pour vous.
- Chaque trajet est enregistré avec sa date, son départ, son arrivée et sa distance, automatiquement grâce au Tag IndiK.
- Le montant est calculé pour vous avec le barème officiel, voiture par voiture.
- Votre relevé annuel s’exporte en PDF, prêt pour votre 2035, votre comptable ou un éventuel contrôle.
- En fin d’année, le chiffre est sous vos yeux : vous comparez vos kilomètres à votre abattement, et vous décidez en connaissance de cause.
Questions fréquentes
Puis-je me verser des indemnités kilométriques à moi-même ? Non. Un entrepreneur individuel ne peut pas se rémunérer en charges : ce qu’il s’alloue n’est pas une dépense déductible. En micro, la question ne se pose même pas.
Rouler en électrique change-t-il quelque chose en micro ? Non. L’abattement reste le même. La majoration de 20 % ne joue qu’au réel, en libéral.
Peut-on passer au réel en cours d’année ? Non. L’option porte sur une année civile entière.
Mes kilomètres réduisent-ils mes cotisations Urssaf ? Pas en micro : elles sont calculées sur votre chiffre d’affaires, frais compris.
Sources
- impots.gouv.fr – Je suis micro-entrepreneur, puis-je déduire des charges ? : l’abattement couvre les frais de déplacement.
- impots.gouv.fr – Que puis-je déduire de mes résultats professionnels ? : pas de charges réelles en micro.
- Légifrance – Article 102 ter du CGI : micro-BNC, abattement de 34 %, option pour la déclaration contrôlée.
- Légifrance – Article 50-0 du CGI : micro-BIC, abattements de 71 % et 50 %.
- Urssaf – L’essentiel du statut : taux de cotisations 2026, aucune déduction de charges.
- Entreprendre Service Public – Nouveaux seuils de la micro-entreprise : 83 600 € et 203 100 € pour 2026 à 2028.
- Entreprendre Service Public – Régime fiscal de la micro-entreprise : sortie volontaire, perte du micro-social.
- Entreprendre Service Public – Frais de véhicules d’une entreprise individuelle : barème en BNC, carburant seul en BIC.
- BOFiP – BOI-BNC-BASE-40-60-40-20 : barème kilométrique en BNC, justification du kilométrage.
- impots.gouv.fr – Notice 2035 (2026) : option au 1er janvier, ligne 23, cadre 7.
- DGFiP – Régimes réservés aux petites entreprises (2026) : délais d’option pour le réel.
- Service-Public – Barèmes kilométriques 2026 : barème non revalorisé, majoration électrique.
- BOFiP – BOI-BIC-CHG-40-50-10 : la rémunération de l’exploitant n’est pas une charge.